mercredi 9 septembre 2009

Tibet Is Beautiful Even Today

Tibet Is Beautiful Even Today,

Voila les mots que notre guide utilise pour definir le T I B E T aujourd'hui. C'est vrai que le pays est un veritable bijou culturel et les paysages sont tout simplement grandioses. Nous sommes sur le toit du monde.

Tot le matin dans la capitale Tibetaine, les nuages recouvrent encore le ciel, la plupart des echopes sont encore fermes, quelques habitants pointent le bout du nez et des pelerins continuent leurs prieres. Les patrouilles vetues de long manteaux verts kakis, casques anti emeutes, fusils de guerre prennent leurs positions a chaque coin de rue et sur les toits.

Aujourd'hui nous quittons Lhassa pour decouvrir une partie du pays.

Premiere destination, le lac Namtso, le plus haut lac du monde, a 4718m, il est egalement surnomme le Lac Celeste par les tibetains.


Nous embarquons dans le Land Rover et nous partons avec notre guide car nous n'avons pas le droit de circuler tout seuls. Notre guide tibetain est adorable, grand sourire et parle parfaitement l'anglais. Nous apprenons que son fils de 8 ans vit au Nepal, ou il etudie... Comme notre guide a un passeport, apres 7 ans de procedures administratives, il peut maintenant lui rendre visite. Les passeports sont generallement reserves au plus de 60 ans, et ne donnent pas le droit d'aller en Inde. Tout en gardant le sourire, les larmes brillent dans ses yeux.

Sur la route nous croisons de nombreux camions colores, des motos transportant des familles.

A des kilometres de tout villages, au bord de la route, des pelerins avancent peniblement en direction de Lhassa allonges sur le sol. Ils marchent 2 pas, frappent des mains, s'allongent, se relevent, marchent 2 pas... Ils parcourent des centaines de kilometres a travers les montagnes, les vallees, avec quelques sous en poche. Pourquoi font ils cela? Ils se purgent de leurs mauvais sentiments ou mauvaises actions. Par exemple, ceux qui abattent les yaks (pour manger), font ce parcours car ils veulent se purifier d'avoir tuer ces animaux.



Apres avoir passes plusieurs Check points, et 4h de route plus tard, nous sommes devant le plus haut lac du monde. Les eaux turquoises, les sommets enneiges de plus de 7000m, des falaises orangers, l'ensemble est prenant. Nous nous entendons dire: "Ouah!"

Les couleurs a cette altitude sont incroyables et aucune photo n'arrive a retranscrire ce panel, et pourtant nous avons essaye:)



A cote du Parking, nous retrouvons des touristes chinois venus en nombre, mais ceux ci ne s'ecartent pas beaucoup du vehicule et nous sommes donc tranquille pour nous promener. On en rencontre certains, irrespectueux de lieux sacres, pollution (bouteilles en plastiques).

Le Namtso est lieu sacre riche d'histoire et de culture tibetaine. Des moines nous invitent a venir decouvrir leur monastere creuse dans la falaise, ces derniers entretiennent les lieux et prient ici toute leur vie. Chaque annee, ils passent un mois en meditation sans sortir de la grotte.




A cote, 2 tibetains confectionnent des stupas (petits monument blanc) pour offrir aux dieux. Ils nous montrent avec fierte leur travail finit dans le moindre detail.



Tout autour de nous, des milliers de drapeaux tibetains sont accroches a meme la falaise.

Les couleurs Blanc "les nuages" Bleu "le ciel" Vert "l'eau" Jaune"la terre" Rouge "le Feu".

Notre guide nous explique bien la difference entre les Bouddhas du passe, present, futur, protection, compassion...Fascinant.






Nous marchons le long du lac bleu, et au pieds des falaises. Sur le chemin nous rencontrons des familles tibetaines venus faire des offrandes dans les nombreuses petites grottes.




Comme en Mongolie, les nomades peuplent les grandes plaines, les troupeaux de Yaks, les familles reunis et le bon Yaout fait maison. Intrigues, ils viennent nous serrer la main. Les femmes sont belles dans leurs costumes traditionnelles parfaitement coupes, des boucles d'oreilles turquoises, les paumettes roses, et les yeux profonds de bonte.




Le Tibet offre d'autres merveilleux paysages, tout en circulant entre 4000 et 5000m, nous decouvrons l'epoustouflant Yamdroke Lake et ses eaux couleurs menthe glaciale. Il s'agit d'un lac sacre, et il est interdit de pecher. Ses eaux sont tres precieuses pour les tibetains, le sacrilege lorsque les chinois ont construit un barrage, et les habitants ont vu le niveau du lac descendre.



On decouvre de nombreux petits fortins detruits le long de notre route. Ils etaient en fait des buchers couverts, utilises par l'armee tibetaine pour alerter la vallee suivante de l'arriver d'ennemis.



Entoures de montagnes roses, blanches et beiges, nous entrons dans la ville de Gyantse. Malgre la colonisation chinoise, la ville a su garder son charme. On retrouve toujours l'architecture tibetaine avec les maisons en pierres blanches a 2 etages (le rez de chaussee utilise pour les animaux), les ornements et decorations de fenetres.




Le Monastere de Gyantse est splendide, d'immenses remparts encerclent la petite cite, un immense Stupa de 7 etages, de nombreux temples, et des statues immenses de Bouddhas. Les moines vendent des articles religieux pour gagner un peu d'argent. Le prix d'entree du site ne leur revient pas, mais dans les poches du gouvernement chinois. Lorsqu'on parcoure les differents temples, nous trouvons differents types d'offrandes, l'argent, le beurre, les foulards, des stylos pour ceux qui passent des examens, des peignes appartenant aux defunts pour que les moines prient pour eux. Ici encore, on retrouve de nombreuses cameras de surveillance, et notre guide prefere se taire lorsque quiconque s'approche ou que nos questions sont trop engages.




Notre Guide nous explique les obseques tibetaines. Pour les tibetains le corps humains n'est rien d'autres qu'une matiere organique appartenant a la nature, ils attribuent la valeur a l'esprit de l'homme. Lorsqu'un membre de la famille decede, elle se reunit pour prier et emmener le corps vers un lieu sacre, generallement une colline sacree. Des moines se joignent a leurs prieres, puis un homme sacre emmene le corps plus haut au sommet. La famille ne le suit pas et reste prier. Il va offrir le corps a la nature comme Bouddha s'est offert au tigre. Il va debiter le corps en morceau et les presenter aux vautours. Apres le festin de ces derniers, l'homme rassemble les ossements et les rapportent a la famille. Parfois elle suspend des ossements dans l'entree de la maison en souvenir du defunt, mais generallement ils sont gardes dans une boite.

Si la personne a ete assassine ou empoisonne, le corps va connaitre un different cursus. Il sera bruler puis ils repandent les cendres dans la riviere. La raison est que les vautours ne touchent a la viande empoisonnee. Ces pratiques peuvent nous paraitre barbares, mais pour eux l'homme et la nature forme un tout.

Shigatse est la deuxieme ville du Pays, ce sera notre dernier halte avant de prendre la route en direction du Mont Everest. La colonisation chinoise est tres importante et du coup la ville a perdu tout son charme. Grande avenues, magasins chinois, restos chinois, barres d'immeubles, neons rouges. Le soir, nous cherchons un restaurant appartenant a des tibetains pour manger. Tenue par une adorable famille, ils nous reservent un superbe accueil. Au Menu, specialite Tibetaine, le "Thukpa", Soupe de Noodles tibetaines, quelques legumes et viande de Yak. Malgre la barriere de la langue, ils nous montrent des photos de famille, de lamas et panchen lamas et nous apprennent quelques mots en tibetains.


Les femmes defont leurs tresses dans les monasteres et les enroulent autour de la tete dans leur vie quotidienne

Le Monastere de Shigatse est aussi impressionant que celui de Sera a Lhassa. On y trouve un Bouddha de 26m de haut fait de bronze. Mais notre attention se porte sur tout le travail de peintures, de sculptures, d'orfevreries, de charpentiers autour des tombeaux du 1er Dalai Lama, 10e Panchen Lama (mort a 50 ans en 1989, les tibetains disent qu'il a ete empoisonne apres avoir affirmer sa loyaute au Dalai Lama...pour info Hu Jintao etait responsable de la repression politique a cette epoque). Ces tombeaux n'ont que 10 a 20 ans d'existence, mais le respect et l'impressionante finition du travail nous semble venir d'un autre age. Les tibetains ont toujours aujourd'hui garde les arts dans leurs vies.



A present, la piste sinueuse de montagnes et des plaines nous emmene en direction du plus haut sommet du monde...Le Mont Qomolangma en tibetain...L'Everest.



Tibet Is Beautiful Even Today

Lhassa - capitale du Tibet et du Bouddhisme

Quand on arrive a Lhassa depuis Chengdu en Chine, on se rend compte a quel point la culture
Tibetaine ne ressemble en rien a celle de la Chine:
Nous sommes dans un autre pays.

Les maisons traditionnelles tibetaines n'ont rien a voir avec les habitations chinoises. Ces petites batisses assez simples, a deux etages ont vraiment leur propre style. Facades blanches, fenetre decorees avec des motifs colores, quelques fleurs, un toit plat avec du bois ou de la paille en bordure, des drapeaux dressee en bouquet sur quelques coins. La porte d'entree est souvent recouverte d'une tenture blanche avec un symbole bleu symbolisant l'eternite du buddhisme.

En arrivant de l'aeroport, on apercoit d'abord le Palais le Potala dans toute sa splendeur qui domine la ville.

Ensuite, en rentrant dans la ville ce sont les militaires qui frappent l'oeil... ils surveillent le peuple des toits, dans les coins des rues, des armes puissantes a la main. Nombreuses patrouilles de 6 a 20 soldats se deplacent aussi en ville ne laissant rien obstruer leur passage. Leur visage est d'acier et ne laissent deviner aucune emotion -ca fait peur. Pour tous ceux qui se posent la question -
le Tibet est belle est bien un pays occupe, et non pas une partie de la Chine.

Les tibetains nous laissent aussi une forte impression... souriants, pacifiques, profonds, devoues, courageux, determines. Voir les armes pointe sur eux en permanence est un vrai choc et releve meme du ridicule.

Notre arrivee a Lhassa correspond avec une grande fete tibetaine... le Festival Shoton- (le festival du yaourt) - un des plus grand festivals de la capitale du tibet. Ayant une premiere journee libre (mais attention a ne pas rentrer dans un monastere sans notre guide, sous peine de lui faire perdre son emploi) nous nous rendons sur un des lieux principaux du festival, autour du Monastere de Sera.

Nous suivons un long cortege de tibetains, moines et citadins en pelerinage, le moulin a priere a la mains, qui murmurent des "om mani peme um" en marchant, et s'arrete devant d'impressionantes fresques de bhoddhisvatas sur les facades des falaises pour se prosterner, poser leur front ou laisser une offrande. Jeunes et personnes agees semblent tres impliques dans cet evenement. Des peintures se dressent parfois a des hauteur impressionantes,

ainsi que de nombreuses toiles de drapeaux tibetains... souvent, des jeunes tibetains temeraires grimpent sans corde, une longue guirlande de drapeau a la main pour la deposer en evidence. Notre promenade nous offre d'excelents points de vue sur la ville et quelques apercus sur l'interieur de ce superbe monastere au toit doree, et les moines qui y habitent.

Autour du monastere, les familles se sont reunis sur l'herbe pour partager un picnic cette belle journee d'ete. Nico et Ivo s'arrete au stand des patates frites et tombent sous le charme d'une radieuse tibetaine.

Geege se balade avec Daniella, notre co voyageuse italienne et se laissent aussi charmees par ces gens qui interrompent parfois leurs prieres pour nous regarder avec beaucoup d'affection. Une chose est claire; en ce qui concerne les locaux, nous sommes vraiment les bienvenues, et ce qui est peut etre deconcertant, c'est qu'on apporte de l'espoir.

Le temple de Jokhang est un point central de Lhassa, devant la place du marche de Barkhor. Au marche se melangent des centaines des lhasains qui font le tour du temple, d'autres qui fond leurs commissions, des touristes et des patroilles de soldats armes. On y trouve des antiques, des object religieux, des fruits, des objets artisanaux, des stands des brochettes, des fausses dents, du fromage tibetains, et autres produits.

A l'entree de temple, une longue file de Lhasains attend avec des jarres de beurre de yak a la mains pour rajouter de huile aux bougies du temple. En face du grand portail de l'entree, une vingtaine de devoues se prosternent sur des matelas pour accomplir un acte de piete et peut etre purger leur karma.

Nous rentrons avec notre guide dans ce sombre edifice qui date du 7eme siecle: c'est ici que l'on trouve la statue du buddha la plus veneree du Tibet. Le temple se visite dans le sens de l'aiguille d'une montre, comme tous les temples de la secte Gelupa ( meme si celui ci est considere comme etant non sectaire, et donc appartenant a toutes les sectes de bouddhisme du tibet). Nous passons a travers d'etroites galeries parmis les gens en priere. Le temple est ornee de nombreux boddhistvatas, des peintures comptant l'histoire de la construction du temple, et des statues du Roi Songtsan Gambo avec ces deux epouses; une Nepalese, la Princess Bhrikuti et une Chinoise, la Princess Wen Cheng ... l'Union devait symboliser la paix entre les trois pays et eviter de futures altercations. D'ailleurs, en 822, les chinois et tibetains on signe le traite sino-tibetains... Voici la quelques extraits puises sur internet, de la promesse faite entre les deux pays.
« Le Tibet et la Chine garderont les frontières qu'ils possèdent actuellement. Tout à l'est est le pays de la grande Chine, tout à l'ouest est le pays du grand Tibet. Désormais, de part et d'autre, il n'y aura ni hostilité, ni guerre, ni prise de territoire.... Cet accord solennel ouvre une grande époque, où les tibétains seront heureux chez eux, et les chinois, sur la terre de Chine »
Nombreuse statues ont ete detruites lors de la revolution culturelle, mais elles ont ete reconstituee, parfois en utilisant des pieces des statues d'origines.

Le monastere de Sera, un grand centre d'education reunissant differents colleges pour les moines a aussi ete touche par l'invasion chinoise. Avant, 5500 moines vivaient a l'interieur de ses murs... mais aujourd'hui, apres nombreuses executions, et des fuites vers l'inde, il en reste moins de 550. Le gouvernement en exil a tente de reconstituer cet important monastere en Inde, avec ses differentes ecoles, mais ils n'ont pas pu reconstruire le centre d'education tantrique car aucun moine de cet ecole n'a survecu a l'invasion de la Chine.

Nous nous arrageons avec notre guide pour visiter le monastere de Sera au moment des debats.... Ceux ci ont lieu l'apres midi dans une cour du temple, apres la meditation. Les moines s'y retrouvent pour discuter les textes religieux lus dernierement. Le debat prend forme de questions et de reponse et se joue en paires, un moine assis, l'autre debout. Les jambes croises, le moine assis sur le sol doit repondre correctement ou poser ses objections... le moine qui enseigne tape dans les mains regulierement pour marquer ces mots et aider l'autre eleve a memoriser. Cet echange se renouvelle ensuite une nouvelle fois, mais l'instructeur devient l'eleve, l'eleve devient l'enseignant. Cette methode, qui permet de discuter en profondeur chaque texte et de mieux le comprendre les textes est supervisee par une moine de statut eleve, qui intervient parfois pour eclaircir certains point. L'exercise parait parfois intense plus que contemplatif, mais vraisemblablement les moines aiment ce moment car on les voit profondement investis dans leurs arguments et contestations, et ils interrompent souvent une discussion avec un grand rire ou une tape sur l'epaule. Ce qui est unique dans cette forme d'education c'est qu'un enfant de 8 ans peut se trouver a enseigner et debattre ses propos devant un moine de plusieurs annees son aine.

Avoir la possibilite de voir cet exercise se derouler sous nos yeux est fascinant. Et la joie et la complicite de ces jeunes garcons peut presque nous faire oublier qu'il y a des cameras partout dans le monastere et qu'il n'est pas permis ici, de parler de certaines choses... notamment de leur leader religieux.

Nous avons d'ailleurs pu visiter le Potala Palace, le dernier lieu de vie du Dalai Lama avant son exile en 1959. Ici, bien sur, et au Palais d'ete la surveillance des Chinois est redoublee. Le palais Potala symbolise aussi le moment ou le buddhisme est devenu religion et politique- car il a ete bati par le 5ieme Dalai Lama, en 1645- au moment ou, pour la premiere fois, le leader de la communaute tibetaine est aussi devenu la tete du gouvernement. Le palais comprend 1000 pieces et il etait habite, auparavant, par d'autres moines et toute l'administration du gouvernement Tibetain. D'ailleurs, c'etait une vrai cite a l'interieur d'une ville, interdite a l'epoque, a la population generale sans autorisation precise (vous souvenez vous du film de JJ Annaud "7 ans au Tibet"?)

En tout cas, le gouvernment Chinois s'est fait une joie de le "rendre au peuple." A ceux qui disent que les Chinois sont venus liberer la societe tibetaine d'une hierarchie et d'un gouvernement feodal... nous trouvons que l'on peut seulement "liberer" des gens qui souhaite etre libere... sinon ca s'appelle envahir un pays. S'il s'agissait d'une liberation, les tibetains auraient accueilli les chinois les bras ouvert... Et nous n'avons jamais entendu les tibetains se plaindre du Dalai Lama... bien au contraire. D'autant plus qu'aucune justification pourrait expliquer la forme qu'a pris cette occupation dont nous vous avons partage notre temoignage...

Ajourd'hui, la visite du Palais est comme celle d'une musee.. Le palais blanc (la partie blanche) comprend l'ancienne habitation du Dalai Lama, ses moines - c'est aussi la que vivait ses predecesseurs... salle de reunion, salle d'etude, un seminaire, un imprimerie, la chambre du Dalai Lama. De l'autre cote d'une courette, les palais rouge servait pour les etudes et les prieres. On y trouve des stupas en or, des librairies, differentes galeries contenant les tombes de differents Dalai Lamas... celle du 5 ieme et du 7 ieme sont particulierement impresionnantes, et un grand hall de reunion. Nous avons trouve le palais splendide, mais il est difficile aujourd'hui d'imaginer la vie de ceux qui y habitait...

Le palais d'ete est un imanquable a visiter, de taille plus humaine et entouree d'un parc arbore. Les pieces ou vivaient le Dalai Lama sont tres simples, bien que les murs et portes soient joliement decores. On imagine facilement qu'il a libere les lieux hier, car les meubles, et quelques unes de ces affaires y sont encore. Le jour de notre visite, a l'occasion du grand festival, le palais etait entoure de centaines de tibetains assis sur les pelouses pour partager des repas, ou regarder nombreux spectacles musicaux et dont des operas tibetains. Nous avons adore ce moment ou nous etions spectacteurs privilegies d'un moment qui leur appartient vraiment et une fete qui n'est pas pour les touristes, mais bel et bien pour tout le peuple.

Encore, la maison de l'ancien Dalai Lama est un lieu important pour les pelerins qui viennent prier devant l'endroit ou il s'asseyait, sous les nombreuses cameras de surveillance, et deposer leurs offrandes. On temoigne ici d'une grande peine et de larmes aux yeux quand il s'agit de ce dernier, ou du jeune panchen lama qui a disparu, emprisone par les Chinois.

Nous avons adore Lhassa et ses habitants, mais a cause de l'occupation, les cameras partout et la presence des soldats... l'ambiance y est tres lourde et le contraste entre cette violence et le pacifisme du peuple est difficle a digerer. En tant que touristes, on ne peut pas visiter ce pays comme un autre ...(meme si nous sommes parfois sidere de voir des touristes Chinois qui s'y balade comme dans un parc d'attraction) nous avons, dans chaque action un role- ce que nous prennons en photo, ce dont nous parlons avec notre guide, et la ou nous allons a une influence qui peut etre aussi bien negative que positive. Nos actions faconnent l'image que les tibetains ont de l'exterieur et peut leur donne de l'espoir (l'annee derniere il etaient desespere, nous disent ils de ne plus voir des touristes de l'occident pour temoigner de leur sort). Mais notre indignation et notre colere envers l'occupant ne peuvent qu'attirer que plus de repression et d'ennuis pour les locaux...Plutot que de jouer les rebelles ou les heros, mieux vaut cooperer pour l'instant, meme a defaut de pouvoir "voyager librement," et rester discret quand on est a l'interieur du pays... il y a trop d'histoires de guides qui ont ete emprisonnes ou qui ont subi des reeducations alors que leur supporters Americains ou Europeens sont repartis bien en securite dans leur pays.

Le seul espoir maintenant et de s'interesser a leur culture pour qu'elle continue a vivre, de visiter le pays, d'ecouter, sans les provoquer, les temoignages, de prendre des photos, de rependre cette information autour de nous, de se joindre au nombreux organismes qui existent deja pour soutenir la cause, et les prisoniers politiques du tibet.

Nous quittons Lhasa avec un soulagement car pour nous, la tension se relache meme si elle continue pour ses habitants.

On ne voyage pas la tete dans les nuages au Tibet

Ce Post est different de tous les autres car la situation actuelle au Tibet nous a fait bondir. Meme si on connait ce qu'il se passe la-bas, voir l'oppression militaire, l'espionage de la population, la colonisation chinoise et ressentir cette ambiance oppressante est une experience desagreable qui nous a mis a la fois les larmes aux yeux, fait ressentir la colere et malheureusement l'impuissance.

Lorque nous sommes arrives au Tibet, nous avons aussitot senti que nous avions change de pays, l'architecture des maisons, les tenues traditionnelles des tibetains et surtout cet immense sourire sur leurs visages pour nous accueillir "Tashi Deleg"...Bonjour. Les tibetains vivent dans la foi, la priere et on peut lire dans leurs yeux une incroyable profondeur. Ces gens pacifiques vivent tous les jours sous une oppression militaire tres presente.

Malgre un demi siecle de terreur, de discrimination, de colonisation, la culture tibetaine est toujours tres presente. Le pays a ete envahi par l'armee populaire de Chine en 1951, qui a eu pour consequence plus de 1.2M de morts. Le Dalai Lama s'est echappe en 1959 deguise en soldat et a installe le gouvernement tibetain en exil en Inde a Dharamsala. 200 000 tibetains ont fui leurs pays. Les tibetains ont connu les massacres, les executions sommaires, les camps de travails et de reeducation.

Le gouvernement n'apprecie pas que le peuple tibetain ait une foi tres forte dans leurs lamas (un moine ayant atteint un niveau d'autorite et qui enseigne). Les tibetains offrent des lampes de beurre, de l'argent, ou travaillent benevolement dans les monasteres. Le Gouvernement a ferme de nombreux monasteres, expulses les moines qui refusent de renier le Dalai Lama. Des monasteres comme "Sera" a Lhassa ont connu plus de 5500 moines, aujourd'hui a peine 500 y vivent. Ils sont sous surveillance policiere, des cameras sont installes absolument dans chaque recoin. Notre Guide ne peut meme pas nous parler de l'histoire du Tibet ou de la situation actuelle car il a peur d'etre ecoute. Les chinois ont infiltres de nombreux moines dans les monasteres pour suivre ce qu'il se passe de pres. Les moines qui se revoltent connaissent la prison, la torture (Camp de reeducation), D'autres ont ete assasines. D'ailleurs sur la route entre l'aeroport et Lhassa, il y a un Bouddha, non loin derriere ont lieu les executions. Les militaires chinois envoient ensuite la facture de la balle a la famille...source Routard
Nous avons remarque que la plupart des moines sont jeunes ou assez ages, une population qui ne peut plus se revolter. Les lamas ne peuvent plus enseigner, des cadres chinois participent a la reeducation politique des moines.

Le 11e Panchem Lama (2eme plus haut chef spirituel du pays) age de 8 ans, reconnu par le Dalai Lama a ete arrete et envoye en Chine, il s'agirait du plus jeune prisonnier politique du Monde s'il est toujours vivant. Dans le meme temps, le gouvernement chinois actuel tente d'imposer leur Panchen Lama endoctrine par les chinois. Les Tibetains refusent ce dernier et prient toujours le 10e Panchen Lama.

Lorsqu'on se ballade dans Lhassa, la presence militaire est partout, des soldats surequipes, armes de fusils de guerre patrouillent dans les rues et bousculent quiconque se trouve sur leur passage. Geraldine en a fait l'experience et heureusement qu'elle les a evite. D'autres sont postes sur les toits de la ville et surveillent la population dans la rue. Des cameras sont fixes dans rues et ruelles, tout le monde est epie constamment.
Tous les soirs, vers 19h, des milliers de tibetains marchent silencieusement autour du vieux centre et du monastere, pelerinage ou protestation silencieuse surveille par de tres nombreux soldats.
La nuit tombee, les patrouilles se multiplient et les rues se vident tres rapidement.

La presence militaire a pour effet d'augmenter la prostitution. Des femmes pauvres attendent les nazillons chinois tout en tricottant dans de petites echoppes.

La Photo du Dalai Lama est formellement interdite, toute personne prise avec, risque la prison et la reeducation. Si les enfants parlent de ce que disent leurs parents et cela ne plait pas au gouvernement chinois, ils risquent la reeducation.

Le pays est soumi a une colonisation forte de la Chine. Une voie ferree relie la Chine au Tibet, un cout de 4 Milliard d'euros soit le triple de ce que Pekin a depense en 50 ans pour l'education et la sante tibetaine. Un outil pour accelerer la colonisation, certains ont recu des primes pour s'installer. Lorsqu'on en parle avec des tibetains, les larmes remplissent leurs grands yeux, il temoigne impuissant du depouillement de leur culture:
La sinisation de l'enseignement, chinois premiere langue, les habitudes culinaires, religieuses, vestimentaires et festives. D'ailleurs, Nous avons vu qu'une fete anciennement tibetaine etait devenu aujourd'hui chinoise.

Premiere langue chinoise

Nous apprenons qu'en 2008, seuls les plus de 18 ans avaient droit a une carte d'idendite. Les jeunes qui ont ete attrapes sans leurs cartes aux Checks points ont ete emmenes de force par les militaires, on ne sait toujours pas ou ils sont aujourd'hui.

Les guides sont obligatoires pour tous les touristes etrangers. Ils en sont egalement responsables. Donc si un touriste se rend dans un monastere seul, apporte des photos de dalai lamas... il ne risque pas grand chose, par contre le guide peut au mieux perdre son travail ou aller en reeducation.
C'est pourquoi, nous ne devoilerons jamais les photos de nos guides ni leurs noms.
Une guide avait dit a des americains qui travaillaient pour le New York Times qu'elle avait nomme son fils par rapport au Dalai Lama actuel. Ceci a ete publie, l'article est arrive dans les mains de chinois qui se sont charges de la faire licencier.

Tristement ironique les droits d'entrees des monasteres reviennent au gouvernement chinois.
Pire encore un monument de 37m de haut a ete erige par les chinois pour commemorer la liberation pacifique du Tibet par les troupes chinoises en 1951, devant le Potala Palace.

La liste des repressions est longue, mais c'est surtout ce machiavelisme chinois qui fait peur. L'oppression est bien trop presente et dure pour que les tibetains puissent se revolter, beaucoup de vieillards, de jeunes, et ils sont tres pauvres.

L'espoir de voir le chinois actuel se rendre compte de la situation la-bas s'evanouit au moment ou on les apercoit dans la rue. Les touristes chinois se balladent comme a Disney Land comme si de rien n'etait, et nous hurlent "comment trouver vous la Chine?"...Envie de pleurer ou de vomir.

A la question faut il boycotter le Tibet occupe par la Chine?

Les tibetains nous repondent la meme chose que le Dalai Lama
"Qu'une partie des dollards des touristes aillent aux chinois ne pose pas de problemes. Je prefere que de nombreuses personnes visitent le Tibet, voient par elles memes l'oppression chinoise et qu'elles temoignent a leur retour"

Pour ceux qui ont lu "1984" de Georges Orwelll, ils peuvent se rendre compte de l'idee de l'oppression actuelle.
"Le feu sur la neige", autre livre ecrit par un moine tibetain ayant connu la prison, la torture au Tibet avant de s'echapper.

Y a t'il toujours de l'espoir?